Rue des Cordeliers : une visite de contrôle révèle un escalier de secours condamné depuis l'hiver

Le 22 septembre, une visite de contrôle menée par la Ville d'Aix-en-Provence a relevé que l'escalier de secours du 14 rue des Cordeliers était fermé par un caillebotis boulonné depuis au moins janvier. Le rapport de douze pages, remis lundi aux copropriétaires, ouvre une période d'incertitude pour les dix-neuf logements concernés.

Onze résidents, trois ateliers, un seul passage

La copropriété compte dix-neuf lots : onze logements occupés à l'année, trois ateliers au rez-de-chaussée, et cinq lots de stationnement en sous-sol.

Parmi les occupants, un relieur installé depuis 1998, une céramiste arrivée en 2021, et un cabinet de kinésithérapie qui reçoit du public du lundi au vendredi. Ce sont ces trois activités qui pèsent le plus lourd dans l'équation, parce qu'elles reçoivent des visiteurs extérieurs et que leur assurance exige des dégagements conformes.

Nadia Belkacem, gérante de l'atelier de céramique, a reçu la visite d'un agent de son assureur le 25 septembre. Elle en parle sans détour : elle a jusqu'au 30 novembre pour fournir une attestation de conformité des issues, faute de quoi son contrat peut être suspendu. Elle ne cherche pas à dramatiser. Elle dit simplement qu'elle ne peut pas se permettre d'attendre le printemps.

Le sous-sol ajoute une contrainte moins visible. Les cinq places de stationnement sont accessibles par une rampe unique, large de 2,40 mètre, qui débouche dans la cour intérieure. Le rapport ne relève rien sur cette rampe. Mais il note que le portail de la cour, pesé à 190 kilogrammes, s'ouvre manuellement et qu'aucun dispositif d'ouverture automatique n'a été autorisé.

Pour les résidents du troisième étage, la question se formule autrement. Jeanne Rocher, 74 ans, y vit depuis 1989. Elle descend et remonte quatre étages chaque jour, et elle le fait sans aide. Elle a demandé, lors de la réunion du 26 septembre, ce qui se passerait concrètement si l'escalier principal devenait impraticable pendant les travaux. Personne, autour de la table, n'a pu lui répondre précisément.

Onze résidents, trois ateliers, un seul passage

Le contexte aixois de ces contrôles

Aix-en-Provence compte environ 1 900 immeubles d'habitation de plus de cinquante ans dans son périmètre central, dont une part notable en copropriété dégradée.

Depuis 2023, la Ville a renforcé ses visites de contrôle sur les secteurs du centre ancien, notamment autour de la rue de la Verrerie, de la rue Lieutaud et du quartier des Cordeliers. Ces visites ne sont pas des inspections de police. Elles donnent lieu à un rapport, transmis au syndic ou, en son absence, au premier copropriétaire identifié sur l'état des lieux.

Le secteur des Cordeliers concentre une difficulté particulière : beaucoup d'immeubles ont été remaniés entre 1965 et 1980, souvent sans plan conservé, parfois avec des interventions successives dont la trace s'est perdue. Les agents municipaux le disent sans détour : ils travaillent souvent sur des bâtiments dont personne, aujourd'hui, ne détient l'historique complet.

Cette réalité change la nature du contrôle. Il ne s'agit pas seulement de vérifier l'état du bâti, mais de reconstituer une chronologie. Pour le 14 rue des Cordeliers, la reconstitution a pris quatre mois. Elle a mobilisé les archives municipales, le cadastre, et deux anciens occupants contactés par la mairie.

Ce que la Ville attend, ce qu'elle ne fera pas

Le rapport du 22 septembre formule sept demandes, classées par ordre de priorité.

La reprise du garde-corps et le dégagement de la volée basse arrivent en tête. Viennent ensuite la fourniture d'un plan coté de la cage d'escalier, la justification de l'absence de désenfumage au troisième étage, et la mise à jour du carnet d'entretien de l'immeuble. Les deux dernières demandes portent sur la signalisation des issues et sur l'éclairage de la cour, jugé insuffisant après 21 heures.

Rien, dans ce document, ne relève du domaine de la menuiserie ou de l'agencement intérieur. La Ville n'intervient pas sur les aménagements privés des logements, ne finance pas les travaux, et ne désigne pas d'entreprise. Les copropriétaires choisissent librement leurs prestataires, sous réserve du dépôt du dossier de façade.

Pour les onze foyers concernés, la suite se joue donc en trois temps : le choix des entreprises en octobre, le dépôt du dossier en mairie en novembre, et l'exécution au premier trimestre 2027. Aucune échéance ne dépend d'un fonds public, et aucune subvention n'a été annoncée à ce stade.

Contacté le 28 septembre, le service urbanisme de la Ville confirme que le dossier du 14 rue des Cordeliers suit la procédure ordinaire. Il précise qu'aucune visite de suivi n'est programmée avant février 2027, sauf signalement nouveau d'un occupant ou d'un tiers.

Le rapport du 22 septembre formule sept demandes, classées par ordre de priorité.

Manon David, Travaux

De l'atelier