Ce qui a été voté mardi soir
Le vote a duré onze minutes. Vingt-trois voix pour, neuf contre, quatre abstentions. La délibération 2026-317 ouvre un crédit supplémentaire de 412 000 euros sur la ligne d'investissement du Vallon des Figuiers, un quartier de 2 800 habitants coincé entre la route de Galice et le canal de Provence.
Ce ne sont pas les travaux qui ont changé. Ce sont leurs prix. La réfection des cheminements piétons, engagée rue du Père-Granet puis avenue des Peupliers, avait été chiffrée en mars 2024 sur la base d'un indice TP01 alors à 128,4. L'indice était à 141,9 en juin 2026.
Antoine Moreau, qui suit le dossier côté service client, résume : « On a signé sur un devis, on paie sur un index. »
Le chiffre qui fâche
La note de synthèse distribuée aux élus tient en quatre pages. On y lit que la révision des prix représente 289 000 euros, que les études géotechniques supplémentaires en ont coûté 47 500, et que la reprise du mur de soutènement derrière l'école Jules-Ferry a ajouté 75 500 euros. Le total dépasse la rallonge votée de 40 000 euros, que la commune puisera sur son fonds de roulement.
Manon David, qui a suivi le chantier pour le compte des services techniques, parle d'un mur « plus creux que ne le disait le rapport de 2019 ». Les carottages de février 2026 ont montré une fondation à 1,10 mètre là où les plans annonçaient 1,80 mètre.
Le quartier attend ces trottoirs depuis 2011.
Ce que ça change pour les riverains
Concrètement, la troisième tranche glisse de l'automne 2026 au printemps 2027. Les 340 mètres de trottoir entre le rond-point du Clos et le groupe scolaire ne seront pas refaits avant avril. En attendant, les poussettes et les fauteuils roulants continuent de partager la chaussée avec les voitures, sur une voie limitée à 30 km/h mais où la vitesse mesurée en mai atteignait 47 km/h au 85e percentile.
La deuxième conséquence est moins visible. Le budget d'entretien courant du quartier, lui, ne bouge pas : 61 000 euros pour l'exercice, comme en 2025. Ce sont les réparations de bancs, de grilles d'arbres et de candélabres qui absorberont l'écart.
Olivier Richard, administrateur, a demandé en séance si la commune pouvait renégocier avec les deux entreprises attributaires. Réponse du rapporteur : les marchés sont fermés, les prix révisables, et une remise en concurrence coûterait « entre huit et onze mois ».
Les recettes ne suivent pas
La hausse de la taxe foncière votée en avril 2026 rapporte 1,8 million d'euros à l'échelle de la commune. Le Vallon des Figuiers en capte une part faible : 52 % de logements locatifs sociaux, dont une grande partie exonérée temporairement.
Sur les 1 240 logements du quartier, 610 relèvent du parc social. Le reste se partage entre copropriétés des années 1970 et pavillons du chemin des Grillons.
Thomas Laurent, chargé du stock et des approvisionnements, note que trois chantiers voisins ont été repoussés au même trimestre : la crèche des Amandiers, le city-stade et la mise aux normes de l'éclairage public. « Tout arrive en même temps, et l'acier comme le béton suivent le même indice », dit-il.
Le sujet n'est pas propre à Aix. Marseille, Salon et Vitrolles ont connu des dépassements comparables depuis 2024. Ce qui distingue le dossier aixois, c'est le décalage entre un quartier qui pèse 3 % de la population et 11 % des crédits d'investissement engagés cette année.
La suite au conseil d'octobre
Une deuxième délibération est annoncée pour la séance du 13 octobre. Elle porterait sur l'étalement du solde, soit environ 40 000 euros, sur deux exercices.
Olivier Simon, qui gère la prise de rendez-vous avec les habitants, indique que onze riverains ont déjà demandé à être reçus. Les permanences se tiennent du lundi au jeudi, 8h30 - 17h30, et le vendredi jusqu'à 15h00, au 128 allée Carnot.
Rien ne sera tranché avant l'automne. Les riverains du Clos, eux, ont déjà ressorti les banderoles de 2019.