Perfidyorix, atelier de menuiserie depuis 2000

L'atelier Perfidyorix occupe le 128 allée Carnot, à Aix-en-Provence, depuis 2000. On y fabrique des meubles, des étagères, des caisses et des cadres, et on y restaure du bois ancien, sans jamais poser quoi que ce soit sur un chantier.

Un local repris en janvier 2000

Rien ne devait devenir une entreprise.

En janvier 2000, Antoine Moreau sous-loue un hangar de 140 mètres carrés au bout de l'allée Carnot, derrière le quartier des Milles, après qu'un ébéniste a cessé son activité en décembre 1999 en laissant sur place une scie à format, deux établis et environ trois cents kilos de chutes de noyer. Le premier mois de loyer s'élève à 4 200 francs, payé en deux fois.

Antoine Moreau travaillait depuis 1994 comme aide-menuisier chez un fabricant de mobilier scolaire installé du côté de Lambesc, où il passait ses journées à reprendre des tables et des casiers abîmés par des générations d'élèves. Il en a gardé une conviction simple: un meuble de bois massif mal entretenu reste réparable bien plus longtemps qu'on ne le croit, à condition d'accepter d'y passer le temps nécessaire plutôt que de le remplacer par une pièce neuve en panneau.

Trois personnes le rejoignent avant l'été 2000. Olivier Richard, qui s'occupait déjà de la comptabilité d'un garage rue Mignet, prend l'administration. Manon David, formée à l'atelier du quartier des Pinchinats, prend les travaux. Thomas Laurent, ancien magasinier chez un fournisseur de quincaillerie sur l'avenue des Belges, prend le stock. Aucun autre salarié n'est venu s'ajouter depuis.

Un local repris en janvier 2000

Ce que l'atelier fabrique, et à quelle échelle

La production part d'un principe de dimension: rien ne quitte le 128 allée Carnot pour être monté chez un client. Un meuble libre, une bibliothèque, une caisse de transport ou un cadre de grand format sort complet, vissé, collé, fini, et c'est le client qui le fait transporter ou qui vient le chercher. Cela évite d'immobiliser une équipe sur un chantier, et cela oblige à penser chaque pièce avant de la couper.

Le bois vient de trois scieries de la région, dont une à Rognes et une autre près de Peyrolles-en-Provence. Un meuble bas en chêne massif de 120 centimètres sur 45 demande en moyenne dix-huit heures d'atelier. Une étagère murale simple en pin en demande cinq.

En mars 2023, l'atelier a livré une bibliothèque de 3,40 mètres en frêne pour un cabinet de lecture privé du cours Mirabeau, découpée en six modules pour passer l'escalier, avec des montants de 38 millimètres et un fond en peuplier déroulé.

La restauration occupe environ un tiers du temps. On y traite du mobilier de famille, des portes anciennes déposées, des cadres dorés à la feuille, parfois des pièces prêtées par des associations du pays d'Aix. Une commode provençale du début du XIXe siècle peut mobiliser douze semaines, entre le décapage doux, le remplacement des parties manquantes et le remontage à l'os. Ce délai n'est jamais garanti par avance, parce qu'il dépend de ce qu'on découvre sous le vernis.

Les refus, écrits noir sur blanc

L'atelier ne travaille pas sur les véhicules. Il ne touche pas non plus au réseau électrique du bâtiment, ni aux circuits de froid, ni à la structure même d'une construction: pas de charpente, pas de cloison porteuse, pas de plancher qui soutient un mur. Ce n'est pas une question de compétence supposée, c'est une question d'assurance et de responsabilité, et la règle n'a pas bougé depuis 2000.

Aucun pesticide ni biocide n'est appliqué ici. Quand un meuble arrive avec des insectes du bois, l'atelier le signale et s'arrête là. Il oriente vers un spécialiste du traitement, facture le diagnostic visuel, puis reprend la pièce une fois qu'elle a été traitée ailleurs, ce qui évite de mélanger deux métiers qui n'ont ni les mêmes produits, ni les mêmes contraintes, ni les mêmes responsabilités en cas de problème.

Perfidyorix ne propose aucun service médical, financier, juridique ou de formation. L'atelier ne délivre ni conseil en placement, ni accompagnement administratif, ni cours de menuiserie. Il ne revendique par ailleurs aucune immatriculation professionnelle, aucune licence, aucune adhésion à un organisme de métier: la communication se limite au travail décrit, aux délais constatés et aux pièces livrées.

Le quartier, les clients, les allers-retours

Le 128 allée Carnot se trouve à dix minutes à pied de la gare d'Aix-en-Provence, ce qui arrange les clients qui arrivent de Marseille ou de Salon-de-Provence en train, et le parking du cours des Arts et Métiers sert de point de rendez-vous quand une pièce est trop lourde pour être portée sur quelques centaines de mètres. Olivier Simon gère ces rendez-vous, du lundi au jeudi entre 8h30 et 17h30, le vendredi entre 8h30 et 15h00, et jamais le week-end.

La clientèle est un mélange instable. Des particuliers du centre ancien, des architectes d'intérieur installés près de la place de la Rotonde, deux associations de sauvegarde du patrimoine, quelques commerces de la rue Espariat qui commandent des présentoirs.

En 2019, une commande de vingt-quatre caisses de rangement pour une librairie du quartier Mazarin a occupé l'atelier pendant sept semaines, pour un total de 5 780 euros hors taxes.

Les tarifs se construisent au cas par cas, à partir du volume de bois et du nombre d'heures. Un cadre sur mesure en chêne de 40 sur 50 centimètres démarre autour de 95 euros. Une étagère de 2 mètres en pin, posée au sol, tourne autour de 340 euros. Ce ne sont pas des prix affichés, ce sont des ordres de grandeur donnés au téléphone, au 04 24 23 13 43, ou par courriel à [email protected].

Une partie du travail reste invisible: le rangement du stock, l'affûtage, le suivi des fournisseurs, les devis refusés faute de temps. Thomas Laurent tient un inventaire papier des essences disponibles, mis à jour chaque vendredi. Manon David note les cotes de chaque pièce terminée dans un carnet qui sert ensuite à répondre plus vite aux demandes similaires.

Ce qui n'a pas changé depuis vingt-cinq ans

Le nombre de personnes n'a pas varié: cinq, avec des rôles stables. Antoine Moreau reste le contact client, Olivier Richard tient l'administration, Manon David conduit les travaux, Thomas Laurent surveille le stock, Olivier Simon organise les rendez-vous, et les horaires non plus n'ont pas bougé depuis l'ouverture, du lundi au jeudi de 8h30 à 17h30 et le vendredi de 8h30 à 15h00, week-end fermé.

L'opérateur de l'ensemble est Perfidyorix SASU, et l'adresse de référence demeure le 128 allée Carnot, 13540 Aix-en-Provence. Aucun atelier secondaire, aucune antenne, aucun dépôt ailleurs dans le département.

Ce qui a changé, ce sont les essences disponibles et le prix du bois. Le chêne du Nord a augmenté de près de 30 pour cent entre 2020 et 2024, ce qui a conduit l'atelier à proposer plus souvent du frêne ou du châtaignier pour les pièces courantes. Les clients acceptent, ou repartent avec un devis qu'ils comparent ailleurs. C'est ainsi que l'atelier fonctionne depuis 2000: une pièce à la fois, dans un hangar de l'allée Carnot, avec cinq personnes et aucune intervention sur un chantier.

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Le 128 allée Carnot se trouve à dix minutes à pied de la gare d'Aix-en-Provence, ce qui arrange les clients qui arrivent de Marseille ou de Salon-de-Provence en train, et le parking du cours des Arts et Métiers sert de point de rendez-vous quand une pièce est trop lourde pour être portée sur quelques centaines de mètres.

Thomas Laurent, Stock