Le constat du 8 septembre
Le 8 septembre au matin, les agents du chantier ont repoussé de trois mètres le périmètre grillagé qui longe la fontaine de la Rotonde, côté nord. La raison tient en une ligne : une conduite d'eaux pluviales en fonte, non répertoriée sur les plans de 1987, a été mise au jour sous la chaussée, à 1,40 mètre de profondeur.
Les services techniques de la Ville ont demandé une campagne de sondages complémentaires, confiée à un bureau d'études marseillais. Résultat, la deuxième phase, qui devait s'achever le 12 septembre, glisse au 29 septembre. Le calendrier initial prévoyait une réouverture complète de l'axe avant les vacances de la Toussaint.
Trois commerçants de la rue Fabrot ont écrit à la mairie le 10 septembre. La réponse, signée par le directeur de cabinet adjoint, évoque un planning « révisé au fil de l'eau » sans engagement de date ferme.
Ce que cela change rue Fabrot
Sur les 340 mètres entre la rue Émeric-David et le cours Sextius, la circulation se fait désormais sur une seule voie, alternat tenu par deux feux tricolores de chantier. Aux heures de pointe, la file remonte jusqu'au carrefour de la Verrerie.
« On a perdu la clientèle du midi qui venait en voiture », explique Nadia Bouchard, qui tient une boutique de tissus au 21 de la rue Fabrot depuis 2009. Elle estime la baisse à une quinzaine de clients par jour, sans avancer de chiffre d'affaires.
Le parking Pasteur, à 180 mètres, reste ouvert mais douze places ont été neutralisées pour stocker les palettes de pavés. La régie indique 214 places disponibles contre 226 en temps normal.
Une habitante du cours Mirabeau, interrogée devant la pharmacie, résume autrement : elle met vingt-deux minutes à pied pour rejoindre la gare routière, contre douze auparavant. C'est peu, c'est beaucoup.
Bus, livraisons et trottinettes
La ligne 4 du réseau Aix-en-Provence Métropole a été déviée par le boulevard de la République depuis le 9 septembre. Deux arrêts sont supprimés, Rotonde-Nord et Fabrot, et reportés avenue Napoléon-Bonaparte. La fréquence reste de sept à neuf minutes en journée.
Les livraisons, elles, sont autorisées entre 6h et 9h uniquement sur la portion grillagée, contre 6h à 11h avant le chantier. Un transporteur de Vitrolles, qui approvisionne quatre enseignes du secteur, a dû décaler ses tournées d'une heure et demie, avec un second passage à 13h.
Les trottinettes en libre-service, elles, continuent de s'entasser contre les barrières. Six engins renversés ont été signalés le 11 septembre par un riverain de la rue de la Verrerie, qui a demandé un retrait à l'opérateur. Réponse obtenue le lendemain.
Les contournements du quotidien
Beaucoup ne traversent plus le centre. Thomas Laurent, qui gère les stocks d'un atelier du quartier, a pris l'habitude de passer par le tunnel des Platanes pour rejoindre la zone de la Pioline, soit onze minutes de plus le matin et six le soir.
Du côté des scolaires, le collège Mignet a modifié deux itiners de sortie et prévenu les familles par courriel le 9 septembre. Les élèves du secteur rejoignent désormais l'établissement par la rue Cardinale, avec un adulte positionné à l'angle de la rue Laroque.
Certains anticipent déjà la suite. Le conseil de quartier du centre-ville a proposé, le 11 septembre, que la deuxième phase se fasse en horaires décalés, sans réponse de la mairie à ce jour. Une permanence d'information est tenue le jeudi de 14h à 17h à la maison de quartier.
Ce qui reste en suspens
Le marché hebdomadaire du mardi tient toujours place sur le cours Mirabeau, mais les forains installés côté nord ont reculé de quatre mètres. Une dizaine de coques ont été déplacées, précise le placier.
Les arbres plantés en remplacement, douze micocouliers, sont stockés en pépinière à Lambesc et devaient être mis en terre à l'automne. Leur plantation dépendra de la fin du terrassement.
Un point de situation est annoncé pour le 25 septembre en mairie, avec les services techniques, la métropole et les représentants des commerçants. Aucun document n'a encore été diffusé sur les modalités d'indemnisation éventuelle.
Les habitants, eux, continuent de composer avec les panneaux. Une chose est sûre : le bruit des marteaux-piqueurs, lui, revient chaque matin à 8h15, et il ne figure sur aucun calendrier.