Comment nous travaillons

Un atelier de mobilier libre, pas un service à la personne : voici la chaîne de travail, de la planche brute à la pièce livrée, et ce que devient une information qu’on nous transmet.

Le bois arrive avant la commande

Antoine Moreau, service client, ouvre le registre d’atelier chaque lundi à 8h30 précises, et il y note tout ce qui est rentré la semaine précédente : le lot de chêne gris acheté 1 240 euros chez un scieur de Rognes, les trois plateaux de noyer récupérés dans une ferme de Venelles, ainsi que les deux portes anciennes sorties d’un immeuble du cours Mirabeau avant démolition.

Le stock vit au 128 allée Carnot, 13540 Aix-en-Provence, dans un local unique, sans annexe, sans dépôt secondaire et sans atelier partagé avec une autre activité ; tout ce qui entre ici reste ici jusqu’à sa transformation ou son départ. Aucune pièce n’est commandée à l’avance sur catalogue, parce que nous travaillons à partir de ce qui est physiquement présent, mesuré, pesé et photographié sous deux lumières différentes, et Thomas Laurent, responsable du stock, tient une fiche par grume avec son humidité, son origine et sa date d’entrée.

Quand un client demande une bibliothèque pour un appartement du quartier Mazarin, la réponse commence souvent par une question sur la place disponible, pas par un devis.

Il arrive qu’un lot déçoive : une grume fendue au séchage, un plateau gauchi par un stockage trop rapide, une teinte qui ne correspond pas à l’échantillon approuvé.

Le bois qui ne convient pas reste au stock ou repart chez le fournisseur, et cela se dit au téléphone au 04 24 23 13 43, avant toute découpe, jamais après coup ni dans une note de bas de page ajoutée à la hâte.

Thomas Laurent photographie chaque arrivage sous deux angles, avec une règle posée sur le bois pour que l’échelle soit lisible sans commentaire.

Ces images ne servent pas à vendre : elles servent à savoir, des mois plus tard, si une pièce était déjà marquée avant l’usinage.

Le registre mentionne aussi les refus, les retours et les lots mis de côté pour un projet précis, ce qui évite de promettre à un client une essence déjà réservée ailleurs.

Pour un ensemble de rangements en frêne commandé par un cabinet d’architectes de la rue de la Verrerie, l’atelier a refusé deux plateaux sur douze avant même de tracer la première coupe.

Le bois arrive avant la commande

Vérifier avant de couper

Olivier Richard, administration, a la charge des informations qui circulent entre le client et l’atelier, et il vérifie les dimensions relevées sur place, les contraintes d’accès, l’escalier, la largeur des portes, la présence d’un ascenseur ou non, ainsi que la possibilité réelle de faire passer un meuble monté dans un couloir étroit.

Rue Cardinale, un meuble de 2,10 mètres passe par la cage d’escalier. Rue Émeric David, il ne passe pas, et il faut le concevoir en deux éléments.

Ces vérifications ne sont pas une formalité administrative : un écart d’un centimètre et demi sur une feuillure suffit à transformer une étagère en planche inutilisable, et Manon David, travaux, reprend les cotes une seconde fois à l’atelier, sur le morceau déjà débité.

Nous ne touchons ni au réseau électrique, ni à la maçonnerie, ni à la charpente.

Un devis mentionne toujours ce que nous ne faisons pas : pas de pose sur site, pas d’encastrement dans un mur porteur, pas de raccordement au réseau, pas d’intervention sur une installation existante.

Pour un ensemble de rangements commandé en mars 2024 par une librairie de la rue de la Verrerie, la vérification a pris quatre jours entiers ; elle a évité de reprendre six montants déjà usinés, ce qui aurait coûté au client deux semaines supplémentaires et à l’atelier près de 900 euros de bois perdu.

Olivier Simon, rendez-vous, planifie ces visites du lundi au jeudi entre 8h30 et 17h30, et le vendredi jusqu’à 15h00.

Aucune visite n’a lieu le week-end, et personne ne relève les messages avant le lundi matin.

Quand un accès pose problème, nous le signalons par écrit avant le devis, avec une photo du passage et la dimension exacte du point le plus étroit, afin que le client puisse décider lui-même de la solution.

Une correction se décide à trois moments

Une correction se décide sur le plan, sur le bois débité, ou après assemblage à blanc ; passé ce stade, un défaut de conception devient un défaut de la pièce livrée, et la reprise coûte plus cher que la vérification initiale.

En novembre 2023, une commode en merisier destinée à une maison des Milles a été reprise après assemblage, parce que deux tiroirs frottaient sur 1,5 millimètre, et le réglage a demandé une matinée de travail, pas une commode neuve.

Le client n’a rien payé pour cette reprise.

Nous consignons chaque intervention dans un cahier relié, avec la date, le nom de la personne et la nature du travail ; ce cahier reste à l’atelier, au 128 allée Carnot, consultable sur rendez-vous, et il ne remplace ni une garantie commerciale ni un document contractuel, il documente simplement ce qui a été fait, quand, par qui et pourquoi.

Un défaut signalé après livraison suit la même règle : on regarde d’abord si le bois a travaillé, si l’air ambiant est trop sec, si le meuble a été déplacé ou exposé au soleil derrière une baie vitrée.

La réponse dépend de l’observation, pas d’une grille préétablie.

Manon David note aussi les corrections qui n’ont pas fonctionné, ce qui arrive, et ces notes restent dans le cahier sans être publiées ni transmises à quiconque.

Une information transmise, et après

Le site perfidyorix.click comporte une rubrique de notes sur les affaires locales : permis de construire, rénovations, loyers, logements sociaux, friches, et ce ne sont pas des services rendus, ce sont des observations documentées, datées et signées par une personne identifiée.

Quand quelqu’un nous transmet une information, Manon David la reçoit et la classe en trois temps.

D’abord l’origine : un riverain, un élu, un agent municipal, un simple lecteur.

Ensuite la vérification : l’information est-elle déjà publique, datée, attribuable à un document consultable en mairie ou au registre des hypothèques ?

Enfin la conservation : ce qui n’est pas vérifiable n’est pas publié, même si cela semble intéressant.

Un exemple. En février 2025, un habitant du quartier des Pinchinats a signalé qu’un permis de construire portait sur 640 mètres carrés de plancher et non 520 comme annoncé, et nous avons demandé le dossier d’autorisation en mairie d’Aix-en-Provence ; le chiffre réel figurait bien, mais avec une modification déposée en décembre, et la note publiée mentionne les deux dates et les deux surfaces, sans conclusion.

Aucune information transmise n’est revendue, transmise à un tiers ou utilisée pour démarcher qui que ce soit.

Nous ne sommes ni un cabinet d’enquête, ni un service juridique, ni un observatoire officiel, et nous n’instruisons aucune demande d’accès à un document administratif à la place d’un tiers.

Le reste du temps, l’atelier coupe, assemble, ponce et finit.

C’est le métier, et il occupe les journées bien plus que les notes locales.

  1. Le bois arrive avant la commande Antoine Moreau, service client, ouvre le registre d’atelier chaque lundi à 8h30 précises, et il y note tout ce qui est rentré la semaine précédente : le lot de chêne gris acheté 1 240 euros chez un scieur de Rognes, les trois plateaux de noyer récupérés dans une ferme de Venelles, ainsi que les deux portes anciennes sorties d’un immeuble du cours Mirabeau avant démolition.
  2. Vérifier avant de couper Olivier Richard, administration, a la charge des informations qui circulent entre le client et l’atelier, et il vérifie les dimensions relevées sur place, les contraintes d’accès, l’escalier, la largeur des portes, la présence d’un ascenseur ou non, ainsi que la possibilité réelle de faire passer un meuble monté dans un couloir étroit.
  3. Une correction se décide à trois moments Une correction se décide sur le plan, sur le bois débité, ou après assemblage à blanc ; passé ce stade, un défaut de conception devient un défaut de la pièce livrée, et la reprise coûte plus cher que la vérification initiale.
  4. Une information transmise, et après Le site perfidyorix.click comporte une rubrique de notes sur les affaires locales : permis de construire, rénovations, loyers, logements sociaux, friches, et ce ne sont pas des services rendus, ce sont des observations documentées, datées et signées par une personne identifiée.